24 juin 2026

vers 1475, huile sur panneau de bois, Andrea del VerrocchioPalais des Offices.

Lecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 13, 22–26)

En ces jours-là, dans la synagogue d’Antioche de Pisidie,
Paul disait aux Juifs : « Dieu a, pour nos pères, suscité David comme roi,
et il lui a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils de Jessé ;
c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés.
De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement
en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël.
Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds.” Vous, frères, les fils de la lignée d’Abraham et ceux parmi vous qui craignent Dieu, c’est à nous que la parole du salut a été envoyée. »

Méditation (père Samuel Vigot)

L’Église célèbre la naissance de saint Jean-Baptiste au solstice d’été et celle du Seigneur Jésus au solstice d’hiver. Le jour le plus long de l’année illustre bien la grandeur de Jean. Jésus déclare en effet que « parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ». À sa naissance, le peuple s’étonne et s’émerveille. Il a l’intuition que sa destinée sera grande et il se demande : « Que sera donc cet enfant ? »

Cependant, sa mission est de désigner un autre que lui. L’évangéliste saint Jean affirme que : « Celui-là n’était pas la lumière ». Après le solstice d’été, la lumière cesse d’augmenter et les jours se raccourcissent. Jean le Baptiste déclare : « Il faut que lui grandisse et que moi, je diminue ». Il s’est retiré de la scène après avoir accompli sa mission, pour laisser place à Jésus qui est la véritable lumière. Il n’a pas cherché à obtenir le prestige et le succès.

Il est facile de s’attacher à des rôles et à des positions, au besoin d’être estimé, reconnu et récompensé. Si ces attitudes nous semblent naturelles à bien des égards, elles ne nous aident pourtant pas à grandir dans l’amour et dans la gratuité. Demandons la grâce de savoir nous détacher de nos missions et de nos services, pour pouvoir au moment opportun, nous mettre de côté comme saint Jean-Baptiste qui a laissé toute la place au Seigneur. 

Deux questions pour aller plus loin :

  1. Qui suis-je vraiment, derrière ce que les autres pensent de moi ?Dans mon rôle — professionnel, associatif, familial — quelle image ai-je laissée s’installer ? En quoi est-ce je me confonds avec ma fonction ?
  1. À quoi ou à qui suis-je appelé à “préparer le chemin”— en m’effaçant pour que quelque chose de plus grand puisse advenir ?