13 novembre 2025

Dialogue entre Jésus et Pierre : Jean (21, 15–19) “M’aimes tu ?”

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

Le dialogue dans le texte :

Condition préalable au dialogue : ne pas assigner son vis-à-vis à ses faiblesses pas, ne pas démarrer sa conversation par des reproches… Ici Jésus offre 3 options de rattrapage (après les 3 reniements de Pierre). Ce n’est pas un dialogue de sourds. Jésus n’enferme pas son interlocuteur dans son passé. La méthode de Jésus est d’aller vers son interlocuteur, là où il en est de sa réalité. Jésus parle sur différents registres de l’amour (au sens étymologique grec) : d’abord l’amour agape, un amour altruiste, spirituel, inconditionnel, sans retour. Pierre lui répond “oui je t’aime” au sens “philia” c’est-à-dire l’amitié. La troisième fois, Jésus repose la question dans le registre philia, il abandonne le registre trop radical de l’agape). Jésus rejoint ainsi Pierre dans le registre que Pierre connait. Pierre réalise que Jésus le rejoint là où il est. Jésus l’aime aussi avec ses faiblesses.
Une fois qu’ils sont sur la même longueur d’ondes, Jésus confie à Pierre une mission : “Suis-moi”. C’est la réalisation de la vocation primitive de Pierre de rejoindre le Christ. Avant, Pierre suivait le messie de ses fantasmes. Jésus lui ouvre un nouvel horizon pour qu’il soit le pasteur de ses brebis. Et Pierre voit enfin… et comprend que Jésus est venu comme un serviteur et non en chef de guerre.
Et nous, comment passons nous de la communication amicale à un véritable dialogue, qui est écoute en se mettant à la “hauteur” de son interlocuteur, sans essayer de le convaincre ni de dominer la conversation ? J’essaye de me remémorer un dialogue de qualité, qu’ai-je ressenti ?

Est ce que cela nous arrive t‑il de dialoguer en “vérité” au travail en ayant une posture de réelle écoute de son vis-à-vis ?