28 avril 2026

Cette vie d’équipe fait partie d’une série de 5 vies d’équipe sur l’Intelligence artificielle, sur le thème : « IA : alliée ou piège pour ma liberté intérieure ? » 

Ce parcours propose à chacun de lire quelques passages d’ANTIQUA ET NOVA (Vatican, 14 janvier 2025) et de MAGNIFICA HUMANITAS (Encyclique Pape Léon XIV Vatican, mai 2026) pour approfondir les relations entre l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine, puis de discerner en équipe à partir de quelques questions.

Vie d’équipe : IA et vraie sagesse

En premier lieu, après avoir pris le temps de me ré-approprier le déroulé d’une vie d’équipe, je m’apprête à prendre le temps de lire les passages proposés ci-après

LIRE Magnifica Humanitas

133. Ceux qui disposent de puissantes ressources techniques et économiques – et, par là même, de nombreuses ressources humaines pour agir – ont une grande capacité à provoquer des changements culturels et, en fin de compte, à convaincre un nombre important de personnes de ce qu’est la vérité sur l’être humain, sur le monde, sur le sens de l’existence, sur la famille, voire sur Dieu. Il s’agit là d’un pouvoir pur, dépourvu de vérité, qui impose subtilement ou ouvertement ce qu’il veut que les autres considèrent comme vrai. Derrière tout cela se cache une racine malsaine difficile à reconnaître : le fait que « l’homme moderne est parfois convaincu, à tort, d’être le seul auteur de lui-même, de sa vie et de la société. C’est là une présomption, qui dérive de la fermeture égoïste sur lui-même ».[140]Par conséquent, il pense pouvoir construire la réalité et considérer valable ce qui correspond le mieux à ses prétentions. Saint Jean-Paul II a réfléchi aux conséquences de la “crise autour de la vérité”, allant jusqu’à affirmer qu’« une fois perdue l’idée d’une vérité universelle quant au Bien connaissable par la raison humaine, la conception de la conscience est, elle aussi, inévitablement modifiée ». [141] Ainsi, la reconnaissance de vérités universellement valables qui nous précèdent et que la conscience doit accepter, vient à manquer. Cela a conduit le Pape François à se demander de manière réaliste : « Qu’est-ce que la loi sans la conviction, acquise après un long cheminement de réflexion et de sagesse, que tout être humain est sacré et inviolable ? » et à en conclure que « pour qu’une société ait un avenir, il lui faut cultiver le sens du respect en ce qui concerne la vérité de la dignité humaine à laquelle nous nous soumettons. Par conséquent, on n’évitera pas de tuer quelqu’un uniquement pour éluder la réprimande de la société et le poids de la loi, mais par conviction. C’est une vérité incontournable que nous reconnaissons par la raison et que nous acceptons par la conscience. Une société est noble et respectable aussi par son sens de quête de la vérité et son attachement aux vérités les plus fondamentales ». [142]

LIRE Antiqua et Nova

113. Aujourd’hui, l’immense étendue des connaissances est accessible d’une manière qui aurait émerveillé les générations passées ; cependant, pour éviter que le progrès de la science ne reste humainement et spirituellement stérile, il faut aller au-delà de la simple accumulation de données et viser la vraie sagesse.
114. Cette sagesse est le don dont l’humanité a le plus besoin pour faire face aux questions profondes et aux défis éthiques posés par l’IA : « Ce n’est qu’en nous dotant d’un regard spirituel, qu’en retrouvant une sagesse du cœur, que nous pourrons lire et interpréter la nouveauté de notre temps ». Cette « sagesse du cœur » est « cette vertu qui nous permet de tisser ensemble le tout et les parties, les décisions et leurs conséquences ». L’humanité ne peut pas « exiger cette sagesse des machines », car elle « se laisse trouver par ceux qui la cherchent et se laisse voir par ceux qui l’aiment ; elle devance ceux qui la désirent et va à la recherche de ceux qui en sont dignes (cf. Sg 6, 12–16) ».
115. Dans un monde marqué par l’IA, nous avons besoin de la grâce de l’Esprit Saint, qui « nous permet de voir les choses avec les yeux de Dieu, de comprendre les liens, les situations, les événements et d’en découvrir le sens ».
116. Puisque « ce qui mesure la perfection des personnes, c’est leur degré de charité, et non la quantité de données et de connaissances qu’elles peuvent accumuler », la manière dont l’intelligence artificielle est adoptée « pour inclure les derniers, c’est-à-dire les frères et les sœurs les plus faibles et les plus nécessiteux, est la mesure révélatrice de notre humanité ». Cette sagesse peut éclairer et guider une utilisation centrée sur l’homme de cette technologie qui, en tant que telle, peut aider à promouvoir le bien commun, à prendre soin de la « maison commune », à faire progresser la recherche de la vérité, à soutenir le développement humain intégral, à encourager la solidarité et la fraternité humaines et à conduire l’humanité à son but ultime : la communion heureuse et pleine avec Dieu.

OBSERVER

Concrètement, à titre personnel, je tente de répondre d’abord à cette question : Quelle place tient Dieu dans mes décisions en général et dans celles relatives à l’utilisation d’une technologie en particulier ?

DISCERNER

1) Quel est l’enjeu important de l’IA concernant la vraie sagesse que je retiens et pour lequel je me sens prêt à agir concrètement ?

2) Quel est l’enjeu important de l’IA concernant la vraie sagesse qui m’interpelle, pour lequel j’ai besoin d’approfondir, de mieux comprendre ou d’être aidé pour savoir comment agir à mon niveau ?

AGIR

1) Quelles utilisations de l’IA dans le travail m’apparaissent centrées sur l’homme et respecter le bien commun ?

2) Quelles sont les utilisations de l’IA qui me paraissent asservir l’homme et desquelles je pourrais m’éloigner ou débattre avec mes collègues de travail ou amis pour débloquer des incompréhensions ?

Prière de conclusion