Editions L’Harmattan – 2026
254 pages
lu
Les dettes psychologiques au travail – Matthieu Poirot
Prévenir et réguler les tensions psychosociales dans les organisations
minutes
Le sous-titre du livre présente bien son objectif : « Prévenir et réguler les tensions psychosociales dans les organisations ». « Psychosociales » : on est bien au point d’interconnexion entre la dimension psychologique des personnes qui composent l’entreprise, l’établissement ou l’association, avec leur sensibilité et leur histoire, et la dimension collective qui structure toute organisation.
L’auteur part des besoins fondamentaux de chacun pour exister, surmonter ses angoisses et se construire grâce aux relations avec les autres et avec le groupe. L’organisation dans laquelle la personne est insérée doit donner un cadre favorable apportant sécurité relationnelle et validation existentielle.
La personne qui entre dans une organisation passe avec elle un contrat implicite dans laquelle elle attend que son engagement personnel soit récompensé par des formes de reconnaissance. Mais si l’organisation est elle-même malade, tout cet équilibre est rompu et la personne contracte une « dette psychologique » qu’elle cherchera à compenser de façon néfaste pour elle et pour l’organisation.
Si l’organisation est elle-même malade, tout cet équilibre est rompu et la personne contracte une « dette psychologique » qu’elle cherchera à compenser de façon néfaste pour elle et pour l’organisation.
Matthieu Poirot nous livre les points de repère sur lesquels il s’appuie quand il intervient en entreprise ou dans des structures publiques qui peuvent être dans de graves situations de blocage interne. C’est un ensemble de valeurs fondamentales dont il manifeste l’importance : rigueur déontologique pour bien définir le cadre et les limites de l’intervention ; qualités d’écoute tant des protagonistes directs que de ceux qui sont en position d’observateurs ou de régulateurs ; souci de faire émerger des pistes de solution par le groupe lui-même, dans les étapes de travail collectif, sans imposer sa vision personnelle.
Même si certains concepts utilisés dans le livre nécessitent un effort d’attention, le lecteur est aidé par de nombreux tableaux et graphiques (dommage que ces derniers soient si petits et difficiles à lire), par des résumés en fin de chapitre, par la présentation de cas concrets et même par des questions que l’auteur lui pose sur les situations qu’il peut vivre personnellement. Le lecteur est ainsi presque mis en situation d’acteur, ce qui rejoint bien l’esprit du livre et de son auteur.
