5 septembre 2025

Sous forme de méditation

Le principe de subsidiarité, expression de l’inaliénable liberté humaine, est une manifestation particulière de la charité, et un guide éclairant pour la collaboration fraternelle entre croyants et non croyants.

La subsidiarité est avant tout une aide à la personne, à travers l’autonomie des corps intermédiaires. Cette aide est proposée lorsque la personne et les acteurs sociaux ne réussissent pas à faire par eux-mêmes ce qui leur incombe et elle implique toujours que l’on ait une visée émancipatrice qui favorise la liberté et la participation en tant que responsabilisation. La subsidiarité respecte la dignité de l’homme en qui elle voit toujours un sujet capable de donner quelque chose aux autres. En reconnaissant que la réciprocité fonde la constitution intime de l’être humain, la subsidiarité est l’antidote le plus efficace contre toute forme d’assistance paternaliste. Elle peut rendre compte aussi bien des multiples articulations entre les divers plans et donc de la pluralité des acteurs, que de leur coordination. Il s’agit donc d’un principe particulièrement apte à gouverner la mondialisation et à l’orienter
vers un véritable développement humain. Pour ne pas engendrer un dangereux pouvoir universel de type monocratique, la gouvernance de la mondialisation doit être de nature subsidiaire, articulée à de multiples niveaux et sur divers plans qui collaborent entre eux.

La mondialisation réclame certainement une autorité, puisqu’est en jeu le problème du bien commun qu’il faut poursuivre ensemble ; cependant cette autorité devra être exercée de manière subsidiaire et polyarchique
pour, d’une part, ne pas porter atteinte à la liberté et, d’autre part, pour être concrètement efficace.

Extrait de l’encyclique de Benoit XVI : Caritas in Veritate

Chapitre V : La collaboration de la famille humaine. N°57