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Plus fort que moi (I swear)
Film britannique, 2025
minutes
Le film commence par un retentissant « Fuck The Queen », prononcé par John Davidson (Robert Aramyro) dans la salle où il va recevoir un prix des mains d’Élisabeth Il. Tout est dit en quelques secondes : la gravité de la maladie, le mérite du héros et l’humour du cinéaste.
L’histoire commence en Écosse dans les années 80. Un adolescent se découvre porteur du syndrome dit de la Tourette, une maladie neurologique rare et spectaculaire où le malade décharge sa tension par les pires injures ou insanités. Cela lui vaut la moquerie de ses camarades de collège, des punitions corporelles du directeur et de grosses tensions dans sa famille démunie devant cette maladie rare.
L’adolescent trouvera refuge chez Murray, un de ses amis d’enfance dont la mère, infirmière en psychiatrie, l’accueille tel qu’il est et le prend en charge durant plus de cinq ans. Elle lui trouvera un apprentissage auprès d’un gardien de centre social, un logement et un poste fixe. Le jeune (Robert Aramyro) va finalement gagner la confiance de ses proches, même s’il est battu par des personnes qu’il insulte — de manière bien involontaire certes — dans la rue. Il devra même en répondre au tribunal, mais en sortira finalement la tête haute. Il finit par trouver sa « vocation » en s’occupant d’autres jeunes atteints par le même syndrome et il contribuera grandement à sa reconnaissance et donc à son acceptation au Royaume-Uni.
C’est une histoire vraie que Kirch Jones porte ici au cinéma. Pour ce faire, il a fait appel à des acteurs de grands talents : le cinéaste a reçu le prix BAFTA 2026 du meilleur casting et Robert Aramyro le prix du meilleur acteur. En traitant le syndrome de la Tourette, une maladie encore peu connue, le réalisateur a fait œuvre d’inclusion sociale et aura grandement contribué à l’acceptation de la maladie. C’est avec un humour tout à fait britannique que le réalisateur traite ce sujet grave et fait passer au spectateur deux heures magnifiques. Un film à voir et à faire voir !
Bertrand Hériard, aumônier de secteur à Marseille

