Desclée de Brouwer, 2024 (1975)

144 pages

Publié le : 30/03/2026

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Sagesse d’un pauvre

Éloi Leclerc

Le 800e anniversaire de la mort de saint François m’a donné envie de relire un petit chef-d’œuvre sur une période critique de l’ordre franciscain.

Confronté à un développement très rapide, les 6 000 frères ne pouvaient plus vivre dans les conditions des douze premiers compagnons de François et la présence de nombreux hommes instruits demandait par ailleurs une adaptation de l’idéal primitif. Les vicaires généraux, à qui François avait confié le gouvernement de l’ordre durant son séjour en Orient, brulèrent les étapes du discernement. Il en résulta une crise très grave qui aurait pu aller jusqu’à la rupture.

Cette crise fut pour François une terrible épreuve. Eloi Leclerc la raconte sous forme d’un roman éminemment spirituel. Le Poverello d’Assise se retire dans un ermitage sur le contrefort de l’Apennin. Pendant plusieurs mois, il a le cœur déchiré. Il n’ose plus se présenter à ses frères. Il traverse un hiver très rude. Seule sainte Claire sait trouver des mots apaisants.

Le frère Léon l’emmène un jour visiter une famille paysanne qui pensait perdre son dernier né. C’est ainsi que Dieu permit que saint François accepte de se déposséder de son œuvre : « Il lui fit voir que la plus haute activité de l’homme ne consiste pas à la poursuite d’une idée, si élevée et si sainte soit-elle, mais dans l’acceptation humble et joyeuse de tout ce qui est » (p. 135). Car, comme une mère devant son enfant, Dieu est « le plus désarmé de tous les êtres en face de ces créatures : là est le secret de sa patience énorme qui parfois nous scandalise » (p. 138). Grâce à la foi, François pu retrouver la paix et la joie. Par cette expérience de pauvreté, ses successeurs surent inventer, au sein même de l’Eglise, une forme de vie religieuse équilibrée et pérenne.

Un livre à lire et à faire lire !

Bertrand Hériard, aumônier de secteur à Marseille

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