7 octobre 2020

La paroisse Ă©tait presque parfaite, le roman parfait… ou presque ! Avec le dĂ©confinement et la rentrĂ©e des classes, nous avons retrouvĂ© le chemin de nos paroisses, leur train-train, leurs chants pas toujours Ă  notre goĂ»t et leurs sermons parfois hermĂ©tiques… Ă€ l’image du hĂ©ros d’Anne Kurian, le journaliste agnostique Samuel Favre pĂ©nĂ©trant Ă  la paroisse Saint-Hugues, nous pourrions ĂŞtre guettĂ©s par la morositĂ©, voire le scepticisme : ces gens qui parlent de l’Évangile sans que cela ne change rien Ă  leur vie, ces individus incapables de faire preuve de la plus Ă©lĂ©mentaire charitĂ© les uns envers les autres, ces coteries dont rien ne semble pouvoir abolir les frontières, est-ce donc cela l’Église du Christ ? Et ce ne sont pas les tentatives de nouvelle Ă©vangĂ©lisation du curĂ© de Saint-Hugues, le père Luc, qui y changeront grand-chose. Il faudra une mystĂ©rieuse intervention pour que la paroisse cesse d’être un « distributeur de sacrements Â» et redevienne une communautĂ© de frères et sĹ“urs qui s’aiment et surtout aiment leurs prochains, ces voisins qui ne viennent pas Ă  l’église ! Le roman se clĂ´t sur la vision d’une maison paroissiale ouverte sur le quartier oĂą chacun peut trouver ce qu’il lui faut, qui une oreille attentive, qui une aide matĂ©rielle.

Sous des dehors lĂ©gers et un humour primesautier mais toujours tendre, Anne Kurian livre ici un vĂ©ritable petit traitĂ© de thĂ©ologie pastorale inspirĂ©e du pape François et de La Joie de l’Évangile. Avec ces pages bien Ă©crites et faciles Ă  lire, elle invite le lecteur Ă  la rĂ©flexion et, qui sait ?, Ă  la conversion.

Mathilde Hallot-Charmasson

La paroisse Ă©tait presque parfaite, Anne Kurian, Éditions Quasar, 180 p., 2019, 17 â‚¬