PUF, La vie des idées, 2025

112 pages

Publié le : 20/02/2026

2 minutes

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Travailler mieux

Christine Erhel | Bruno Palier

Cet excellent ouvrage collectif, réalisé sous la direction de Christine Erhel et Bruno Palier, ne vous donnera pas les derniers conseils de coaching pour atteindre vos objectifs professionnels. Très bien documenté, s’appuyant sur de nombreux exemples français et étrangers, cet ouvrage documente finement les enjeux de qualité du travail et de l’emploi à l’heure de la transition climatique et des mutations technologiques, à partir notamment de l’enquête europénne sur les conditions de travail.

Par rapport à des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou les pays nordiques, les travailleurs font état, en France, de difficultés au travail supérieures : accidents du travail, absentéisme, rotation du personnel, etc. Bien que fortement attachés au travail, les Français souffrent d’un manque de reconnaissance, d’un management vertical, de l’intensification et de la digitalisation des tâches qui remettent en question le sens de leur travail.

Selon C. Ehrel et B. Palier, « la faible écoute dans le travail est un enjeu important, dont on sous-estime la portée politique. Si on ne les écoute pas dans leur entreprise, les gens vont sur les ronds-points ; si on ne les écoute pas sur les ronds-points, ils finissent par voter extrême droite. Il y a un lien direct entre le sentiment d’être exclu dans son travail et le vote pour le Rassemblement national. Le mauvais management a un coût social élevé. »

Les différents aspects contemporains de la transformation des conditions de travail y sont clairement exposés, permettant d’appréhender au mieux le sujet. On y trouve des chapitres sur le travail et l’IA, le la transition écologique, le dialogue social et professionnel, la qualité du management, etc.

Publié deux ans après l’ouvrage collectif Que sait-on du travail ? (Presses de Sciences Po, 2023), les auteurs avancent des pistes concrètes pour améliorer la qualité de l’emploi. Cela passe en particulier par l’écoute des salariés et la prise en compte de leur savoir-faire, le renforcement du dialogue social et la participation des salariés. Pourquoi ne pas « autoriser les salariés à parler de leur travail entre eux, une demi-journée par mois » ? Et mieux mesurer la qualité des emplois.

Autant de propositions qui ne sont pas sans rappeler les fondements de la pensée sociale chrétienne — dont le principe de subsidiarité — et la démarche synodale proposée par l’Eglise.

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