Hermann, 2025

175 pages

Publié le : 08/01/2026

2 minutes

lu

Intelligence artificielle et éducation

Un double défi

Pierre Giorgini | Antoine Blondelle

Pierre Giorgini et Antoine Blondelle partagent plusieurs points communs, l’un et l’autre ayant créé une école d’ingénieurs, tous deux membres de l’Université catholique de Lille, l’un comme recteur, l’autre comme enseignant et tous deux cherchant à conserver les valeurs humaines au centre d’un univers technologique où le virtuel mobilise toujours plus l’attention.

Partant des constats largement partagés sur l’IA, ses potentialités et les risques de dérives, les auteurs pointent leur réflexion sur la relation enseignant-apprenant. Du côté de l’apprenant, l’IA, associée aux potentialités des mondes virtuels entre en résonance avec les valeurs de motivation, d’autonomie, de coopérations horizontales qui imprègnent les générations les plus jeunes.

Du côté de l’enseignant, c’est un changement radical.Tout en devant rester un sachant de référence, la priorité n’est plus de transmettre un contenu, mais d’être un accoucheur pour apprendre ensemble à apprendre. Les évolutions technologiques sont tellement rapides, multiformes, avec des interactions imprévisibles, que les futurs pédagogues devront avoir l’esprit ouvert et une capacité de discernement sur un très large éventail de champs, allant des technosciences aux enjeux économiques ou éthiques, en passant par les modes de représentation du monde qui se forment dans tout processus d’apprentissage. Comme les auteurs « mettent la barre très haut », ils prennent la peine de détailler leurs attentes opérationnelles de façon extrêmement détaillée.

Le lecteur pourrait alors croire que les auteurs prévoient que l’IA deviendrait la clé principale, voire unique, de préapprentissage de demain. Les trente dernières pages du livre, les plus denses, montrent que si les portes doivent être largement ouvertes à l’IA, il faut anticiper les risques de déshumanisation qu’elle comporte. Il y aura, ou il devra y avoir, des ressorts de rappel : à titre d’illustration, en facilitant trop l’acquisition d’une pratique, on risque d’oublier que l’effort, ainsi que l’expérience de l’échec qui oblige à réfléchir et à recommencer, sont des outils en eux-mêmes porteurs de valeur humaine.

Pierre Giorgini et Antoine Blondelle plaident pour que l’IA ne soit pas simplement l’outil des puissances technologiques et économiques, mais soit « au service d’une éducation qui éclaire, élève et réenchante le réel », et ceci dans un « projet social qui valorise la justice et souci des plus fragiles ».

Arnaud Laudenbach

Pour aller plus loin

Partager sur les réseaux