Editions de l’Aube, 2025
190 pages
lu
Ce qu’attend l’Afrique
Ressources locales, tensions mondiales
Benoît Chervalier, ancien haut fonctionnaire dans des instances internationales, banquier et enseignant en Afrique, est devenu Africain d’adoption. Dans ce livre, il nous parle de l’Afrique avec affection, mais aussi avec lucidité pour partager ses convictions sur les voies d’avenir des pays qui la composent.
Benoît Chervalier, ancien haut fonctionnaire dans des instances internationales, banquier et enseignant en Afrique, est devenu Africain d’adoption. Dans ce livre, il nous parle de l’Afrique avec affection, mais aussi avec lucidité pour partager ses convictions sur les voies d’avenir des pays qui la composent.
Oui, ses convictions, car l’auteur écrit souvent à la première personne, ce qui est assez rare pour un essai de ce type. On peut y voir une forme de modestie, car, en disant « je », il reconnaît ne pas avoir la vérité entière. Cette modestie – alors que sa riche carrière pourrait justifier l’attitude inverse — se sent aussi car l’auteur montre sa capacité d’écoute, des dirigeants politiques aux chauffeurs de taxi.
Il nous parle d’abord de la diversité des pays d’Afrique, diversité de culture et d’histoire, de géographie, de développement économique. Mais il nous parle aussi de toutes les démarches pour créer des solidarités politiques, commerciales, économiques ou monétaires entre des groupes de pays. Certaines ont avorté, d’autres sont vivantes et sont appelées à s’imposer de plus en plus sur la scène mondiale.
Si Chervalier nous fait toucher du doigt les particularités locales de chaque pays, il met aussi en évidence l’impact des flux financiers globaux et de leurs évolutions. L’ère de l’Aide Publique au Développement qui impose des conditions parfois inadaptées est en fin de course ; en revanche, montent en puissance d’autres formes d’investissement créant les conditions du développement : investissements depuis les pays occidentaux, mais aussi investissements à partir de l’épargne africaine qui peut et doit s’investir en Afrique.
Cela suppose de maintenir des liens réguliers, y compris par une présence diplomatique stable, mais aussi par diverses formes de « soft power ». A cet égard, Chervalier appelle les pays d’Europe du sud et les pays d’Afrique, au moins ceux de l’hémisphère nord, à reconnaître qu’ils ont des intérêts communs sur la scène internationale. Il adresse un message particulier à la France compte tenu de son passé pour qu’elle soit active dans cette démarche, non pas pour renouer avec la « Françafrique », mais pour qu’elle s’intéresse à ce qui est en train de bouger positivement dans de nombreux pays d’Afrique, en nouant des partenariats équilibrés.
Avec ce livre plein de vie, le lecteur sentira peut-être que cet appel s’adresse aussi à lui.
Arnaud Laudenbach
