
vu
Sorry we missed you
Durée : 1h40
Cinéaste de combat, Ken Loach poursuit son inlassable attention au sort de l’homme au travail, en l’occurrence celui de ses concitoyens britanniques.
Son dernier cheval de bataille : l’ubérisation, vue à travers le prisme de Ricky, père de famille qui se met à
son compte comme chauffeur-livreur. Grâce aux promesses offertes par la révolution numérique, le travailleur de Newcastle espère briser la fatalité des petits boulots mal payés et devenir son propre patron. Il découvrira bientôt l’envers du décor : assujettissement à la technologie, inflexibilité du donneur d’ordre, précarisation de son statut.
S’il y a quelque chose de puissant dans Sorry we missed you, ce n’est pas tant la propension de Ken Loach à dénoncer un système que son intense compassion pour le travailleur de Newcastle et son foyer. Le réalisateur montre avec acuité combien Abby, l’épouse de Ricky mais aussi leurs deux enfants sont les premières victimes de l’ubérisation, impitoyable perturbatrice du fragile équilibre entre vie familiale et
vie professionnelle. Un film poignant.
Pierre-olivier Boiton

