Stock 2025

268 pages

Publié le : 30/01/2026

2 minutes

lu

Réfugiés, ce qu’on ne nous dit pas

Najat Vallaud-Belkacem | Benjamin Michallet

Par leurs fonctions, Najat Vallaud-Belkacem, actuellement présidente de l’association France Terre d’Asile, et Benjamin Michallet, juge assesseur à la Cour Nationale du Droit d’Asile, sont de bons connaisseurs de la situation des réfugiés.

D’emblée, ils rappellent utilement la spécificité du statut de réfugié demandeur d’asile, par rapport à toutes les autres formes d’immigration. Ce statut a des origines anciennes, avec les conventions internationales signées par la France et qui engagent notre pays, avec ses sources historiques et ses fondements éthiques.

Les auteurs nous font toucher du doigt tous les obstacles que doivent franchir les demandeurs d’asile, ballottés en France d’un organisme à un autre. Ils ne sont pas naïfs devant les questions que l’opinion publique peut légitimement poser aux autorités, en mettant en avant les risques de fraude ou de dévoiement. Sur ce point, le livre cherche à mettre le sujet « à plat ». Le coût des moyens mobilisés pour accueillir les réfugiés fait partie du sujet, mais les auteurs pointent du doigt le manque d’évaluation approfondie de ces politiques publiques, et, à l’origine, le manque de données statistiques sur la situation particulière des réfugiés, manque crucial au moins par comparaison avec d’autres pays européens.

Au-delà des constats, les deux auteurs affirment leurs convictions : l’accueil des réfugiés est d’autant mieux accepté qu’il est accompagné de leur intégration. Bien des ingrédients sont nécessaires pour cela : apprentissage de la langue, logement stabilisé, mais aussi accès à l’emploi. Ce n’est pas simplement un gâchis humain, c’est aussi un gâchis économique de laisser traîner en longueur des situations où les réfugiés se retrouvent dans l’impossibilité de travailler de façon légale, que ce soit comme salarié ou en créant leur propre entreprise. Le constat fait dans les pays champions de l’accueil des réfugiés comme l’Allemagne confirme que le bilan économique peut être positif.

Le dernières pages du livre ouvrent la réflexion plus largement en abordant tout le champ de l’avenir à construire entre nos « Nords » et les « Suds » : « Face aux grands défis de notre temps, nous ne pourrons choisir qu’entre la guerre ou la solidarité qui, pour n’être pas de la simple charité, passe par un objectif d’égalisation ».

Arnaud Laudenbach

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